Skip to main content

Le traitement du VIH/Sida : quelles sont vos options?

Comment traite-t-on le VIH?

Tous ceux qui vivent avec le VIH devraient recevoir un traitement afin de maintenir leur charge virale (quantité de virus dans l’organisme) aussi faible que possible. En général, le traitement consiste en une combinaison de plusieurs médicaments anti-VIH appelés « antirétroviraux ». On parle d’ailleurs souvent de TAR, pour traitements antirétroviraux. Ces médicaments empêchent le virus de se reproduire à l’intérieur de votre organisme. Pris conformément aux directives du médecin, ces médicaments réduisent le risque de devenir malade ou de transmettre le virus à une autre personne.

Qu’arrivera-t-il si j’oublie de prendre mes médicaments?

Il est extrêmement important que vous preniez vos médicaments exactement comme vous l’a prescrit le médecin. Si vous avez oublié de les prendre, prenez-les dès que vous vous rendez compte de votre oubli, puis poursuivez votre traitement selon l’horaire habituel. Demandez à votre pharmacien s’il peut vous remettre vos médicaments dans une plaquette aide-mémoire, un type de conditionnement qui réduit le risque d’oubli.

Si vous ne prenez pas vos médicaments anti-VIH comme il se doit, le virus responsable de votre infection pourrait devenir résistant aux médicaments, et votre charge virale (quantité de virus dans l’organisme) va se remettre à augmenter. En pareil cas, vos organes vitaux — tels que les reins, le cœur ou le cerveau — pourraient subir des lésions en raison du processus d’inflammation. En outre, si votre charge virale devient détectable, vous pourriez transmettre le virus à tout partenaire sexuel éventuel.

Qu’en est-il des autres médicaments que je prends? Y a-t-il un risque d’interférence avec les antirétroviraux?

Informez votre médecin ou votre pharmacien de tous les médicaments que vous prenez, même s’il s’agit de produits en vente libre ou de produits de santé naturels.

Dès que l’on commence à prendre des antirétroviraux, il faut toujours demander conseil au médecin ou au pharmacien avant de prendre un nouveau médicament en vente libre ou non.

Certaines drogues illicites peuvent interagir avec vos médicaments anti-VIH. Par conséquent, si vous en prenez, faites-le savoir à votre médecin ou à votre pharmacien.

Les médicaments génériques sont-ils tout aussi efficaces que les médicaments d’origine?

Oui. Au Canada, les médicaments génériques font l’objet de tests pour confirmer que l’ingrédient actif, la dose reçue et la durée pendant laquelle le médicament est libéré soient les mêmes que dans le cas de leurs équivalents de marque.

Que nous promet l’avenir en matière de traitement et de cure?

À l’heure actuelle, on étudie et on met au point plusieurs anti-VIH, dont les suivants:

  • des comprimés plus faciles à tolérer et possédant un meilleur profil d’interactions médicamenteuses que leurs congénères de même classe;
  • des médicaments appartenant à de nouvelles classes, qui empruntent de nouvelles voies pour stopper la reproduction du virus ou prévenir l’infection des cellules;
  • de nouveaux modes d’administration, comme des implants ou des injections qui peuvent être administrés une seule fois par semaine ou par mois, voire tous les deux mois.

Malheureusement, nous sommes encore très loin d’une véritable guérison. En effet, le VIH est un virus très malin qui aime à se cacher dans diverses cellules et tissus de l’organisme. Ces endroits où se cache le virus forment ce que l’on appelle des « réservoirs ». Par conséquent, même si un patient suit un traitement anti-VIH et que sa charge virale est indétectable, dès que le traitement est interrompu, le virus quitte subrepticement le réservoir et recommence à faire des ravages. Plusieurs approches font actuellement l’objet d’études, dont l’utilisation de cellules infectées par divers virus génétiquement modifiés — comme le cytomégalovirus (CMV) — qui attaqueraient ensuite les cellules infectées par le VIH et les élimineraient.

À ce jour, il existe un cas de « guérison fonctionnelle » du VIH connu sous le nom de « patient de Berlin ». Il s’agit d’un patient n’ayant plus jamais présenté de réplication virale après avoir reçu une chimiothérapie lourde accompagnée d’une greffe de moelle osseuse pour le traitement de sa leucémie en 2007.

Si l’on parle de « guérison fonctionnelle » plutôt que de « guérison » tout court, c’est que certaines cellules du patient en question sont encore infectées par le VIH; toutefois, les cellules nouvelles qu’on lui a transplantées (des cellules souches) ne présentent pas le récepteur CCR5, un type de récepteur nécessaire au type de virus qui l’a infecté. Les cellules de ce patient ne présentent que le récepteur CXCR4.

En gros, pour mieux visualiser ce qui se passe, imaginez-vous une personne de petite taille et très rondelette, et une autre très grande et mince qui essaieraient toutes deux de franchir une porte étroite très haute. La personne rondelette n’y arriverait pas. Or c’est exactement ce qui s’est passé avec le virus qui a infecté ce patient; les nouvelles cellules qu’il a reçues ont une « porte » (le récepteur) dont la forme ne correspond pas à celle du virus déjà présent dans son organisme. Par conséquent, le virus ne se reproduit pas, ce qui constitue une guérison fonctionnelle.

 

Vivre avec le VIH/sida : Votre vie personnelle