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John Girgis

Apple Hills Pharmacy, Toronto, Ontario


John Girgis a été propriétaire exploitant de cinq pharmacies cliniques médicales. Il a ouvert sa première pharmacie en 1992 et en possède actuellement trois, toutes situées dans une clinique de la région de Toronto en Ontario. Il travaille surtout à l’Apple Hills Medical Pharmacy, où il se spécialise dans les soins aux diabétiques et dans l’abandon du tabagisme. Chacune de ses trois pharmacies fait activement la promotion des examens MedsCheck financés par le gouvernement provincial et les propose à la clientèle.

Vous pouvez joindre John à johng@applehillspharmacy.com ou en visitant son site Web http://www.applehillspharmacy.com..

Selon vous, pourquoi est il important d’élargir la gamme des services offerts? Compte tenu de la croissance du volume des ordonnances, n’est il pas suffisant de répondre aux besoins ordinaires en médicaments des patients?

Les pharmaciens sont à la croisée des chemins. Il nous faut choisir entre nous contenter de délivrer des médicaments ou offrir des services professionnels en plus de la délivrance de médicaments. Si les pharmaciens continuent à se consacrer exclusivement à la délivrance de médicaments, j’ai bien peur que l’avenir ne soit pas très brillant. Entre les techniciens autorisés et les comptoirs à distance, qui sont la réalité d’aujourd’hui, la délivrance d’un médicament aura tôt fait de se réduire à une simple tâche de routine. Cela vaut particulièrement pour l’Ontario, dans le contexte actuel des réformes entourant l’établissement du prix des produits génériques et les indemnités professionnelles. Ce sont des signes qui ne trompent pas.

Quel est votre parcours?

J’ai obtenu mon diplôme en 1984 à la Duquesne University de Pittsburgh, en Pennsylvanie. J’ai ensuite effectué mon stage en pharmacie clinique dans une pharmacie d’hôpital. J’ai toujours été fasciné par le rôle que je pouvais jouer dans la prise en charge des maladies. J’ai travaillé quelques années au sein d’une pharmacie communautaire pour revenir ensuite à l’hôpital pendant près de 10 ans avant de devenir directeur de pharmacie. Mais je n’avais pas encore trouvé ma place. Je voulais combiner interventions cliniques et interactions avec les patients, ce qui n’est pas vraiment le cas à l’hôpital. J’ai déménagé à Toronto en 1991 avec l’intention d’ouvrir ma propre pharmacie dans l’année suivant l’obtention de mon permis d’exercice.


Comment en êtes vous venu à vous spécialiser dans le diabète?


L’un des médecins de notre clinique m’a abordé il y a environ quatre ans. Il participait à une étude menée à l’hôpital portant sur des patients atteints de diabète de type 2 dont la maladie n’était pas maîtrisée malgré la prise d’un traitement à administration orale. Il m’a demandé si je voulais me charger d’expliquer aux participants comment entreprendre une insulinothérapie. J’ai accepté et cet aspect de mon travail m’a beaucoup plu. J’ai reçu de nombreux commentaires positifs. Aujourd’hui, sept médecins tâchent de déterminer, parmi leurs patients atteints de diabète de type 2, ceux dont la maladie n’est pas maîtrisée. Leur secrétaire me joint ensuite pour fixer un rendez vous. La consultation dure environ une heure et je la donne dans la salle d’examen du médecin. J’assure ensuite le suivi du patient, trois jours et une semaine après la consultation, et une fois par mois par la suite.

Au début, j’offrais ce service gratuitement mais à présent, je suis en mesure de facturer la première consultation par le truchement du programme MedsCheck pour les personnes diabétiques de l’Ontario, au coût de 75 $. Je prends actuellement environ quatre rendez vous par semaine. Le potentiel est énorme. D’après la liste de la clinique, qui fait partie d’un groupe de santé familiale, plus de 2 000 diabétiques ne bénéficient pas d’une maîtrise optimale du diabète. Une occasion à saisir pour les pharmaciens qui ont la passion de leur métier.

Prenez vous des mesures pour consacrer plus de temps à la fourniture de services professionnels additionnels?

Assurément. J’ai toujours été convaincu que la technologie était d’une importance critique pour la pharmacie. Il y a 12 ans, nous étions la première pharmacie indépendante au Canada à installer un système téléphonique de réponse vocale interactive. Vous ne pouvez pas imaginer combien cela nous a aidés. Par ailleurs, nous avons toujours eu recours aux dispositifs de comptage de comprimés. En mai 2010, nous sommes passés à l’étape suivante en faisant l’acquisition d’un système de délivrance automatisé. Une petite merveille. À l’heure actuelle, le dispositif délivre environ 35 % du volume d’ordonnances et je vise les 40 %, une prouesse quand on sait que la moyenne dans le secteur est de 30 %. Ce dispositif est un gain de temps pour les pharmaciens et leurs assistants. À titre d’exemple, cela permet à mes assistants de faire des appels de suivi pour fixer rendez vous à nos patients diabétiques et à ceux qui souhaitent arrêter de fumer. L’investissement sera amorti d’ici de trois à cinq ans.

Par ailleurs, un de mes trois assistants à temps plein fait la passerelle pour obtenir le titre de technicien autorisé d’ici la fin de l’année. Elle sera responsable de tous les aspects techniques de la prescription et m’adressera les patients qui désirent recevoir des services professionnels. Elle se chargera également de l’administration des renouvellements. Les techniciens en pharmacie autorisés ont un rôle important à jouer dans l’avenir de l’exercice de la pharmacie tel que je le conçois..

Outre MedsCheck et MedsCheck pour les personnes diabétiques, facturez vous les services additionnels que vous offrez?

Nous facturons les plaquettes calendriers et les séances de counseling spécialisées en abandon du tabagisme. Selon moi, un mécanisme de facturation s’impose. Il commence d’ailleurs à s’organiser en Ontario, par le truchement du programme MedsCheck.

Quels conseils donneriez vous à un pharmacien qui débute? ?

En tant que fournisseur de soins de santé, il vous faut trouver ce qui vous passionne et vous laisser guider par votre passion. Qu’est ce qui vous motive quand vous vous réveillez le matin? Qu’est-ce qui fait la différence dans la vie de vos patients? Souvenez vous que la passion doit précéder l’occasion. Si la première vous anime, la seconde suivra immanquablement.